Les Abbesses de Gagny - Chelles

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mercredi 5 mai 2010

Que sont devenus les roms de la carrière Saint-Pierre de Gagny ?

A la suite de l'incendie mortel de leur camp dans la carrière Saint-Pierre et de leur expulsion des lieux par les forces de l'ordre.

Que sont ils devenus ? Et bien ils sont désormais installés dans un nouveau camp sur la commune de Chelles (77500).

Ce camp est situé dans un boisement de la côte du Beauzet au sud de l'ancien chemin de Meaux ou de Paris. Ils stationnent ici à moins de 300 mètres de la commune de Gagny et de sa carrière Saint-Pierre où il survivaient il y a encore quelques semaines.

Ils vivent donc désormais juste à côté des Abbesses de Gagny-Chelles.

Les problèmes liés à leurs conditions de vie précaires se sont donc juste déplacés de commune.

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La commune de Chelles semble avoir décidé de leur apporter du soutien.

Ainsi des tentes leur ont été données. Ils ont également une benne à ordures pour leurs déchets quotidiens et de l'eau potable pour la boisson et les besoins élémentaires en terme d'hygiène.

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Comme nous l'avons fait sur Gagny, nous irons aimablement à leur rencontre pour les sensibiliser sur l'espace Naturel Sensible que sont les coteaux du Beauzet ou Montguichet qui commence de l'autre côté du chemin qui borde leur camp.

vendredi 16 avril 2010

La visite du camp rom calciné de Gagny

Suite au drame du camp rom d'hier, nous lui avons rendu visite.

L'accès à la carrière depuis la rue Jean Bouin a été bouché comme lors de la précédente expulsion en 2009.

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A l'arrivée dans le camp, les visions du désastre vues à la télévision la veille se concrétisent.

Nous rencontrons un couple de "touristes" gabiniens, l'homme, la cinquantaine, nous tient un discours particulièrement gratiné : "Il faudrait utiliser l'armée et les renvoyer de force en Roumanie...si l'on ne fait rien, ils vont nous envahir, ils sont des millions...il y a des enfants de bon français qui meurent tous les jours et personnes ne les pleurent...on ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

Nous essayons pour le principe de réveiller son humanité puis nous passons notre chemin.

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Sur le retour, nous découvrons que les roms sont revenus dans la carrière et ont établis des petits campements épars. Sous le bâtiment du site du petit vallon, nous découvrons les restes de la nuit.

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Regardez bien le graffiti de la façade.

A proximité du collège Théodore Monod, nous entendons des discussions houleuses. Les forces de police sont présentes (une quinzaine de policiers et 6 voitures de service). Ils tentent de faire fuir les roms de la carrière où ils essaient de se réinstaller. Nous parlons avec un policier qui nous demande ce que nous faisons là. Il nous raconte son propre désarroi, que tous le monde avait prévenu et qu'il passait les voir une fois par semaine.

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Une réminiscence d'un autre temps se produit. Nous voyons un groupe de roms sous la pression policière retourner en ville. L'un porte le groupe électrogène du camp rescapé des flammes, les autres portent des ballots d'affaires suivi de leurs enfants.

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Oui, en défenseur de la biodiversité, nous regrettons fortement les dommages que leur présence cause dans la carrière Saint-Pierre. Mais l'humanité qui est en nous est en souffrance. Nous reprenons notre voiture et nous leur adressons un signe de la main au passage. Un signe qu'ils nous rendent, hagards du bord de la route.

jeudi 15 avril 2010

Dans la nuit, la mort et la désolation sont passées dans le camp rom de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

Dans notre article en date du vendredi 29 janvier 2010 : La présence des roms dans la carrière Saint-Pierre de Gagny nous avions pourtant prévenu et le drame est arrivé.

Extrait de notre article du 29 Janvier 2010 : Les conditions de vie y sont particulièrement effroyables : absence d'eau courante, d'électricité; de sanitaire. Les déchets et les déjections diverses s'accumulent aux abords des maisons de fortune. En guise de chauffage, ils possèdent des poêles à bois improvisés avec des tôles et des tuyaux qui menacent à tout moment de les trahir.

LE PARISIEN - SEINE SAINT-DENIS

Gagny : un enfant meurt dans l'incendie d'un camp de Roms

Aurélie Foulon, avec Mehdi Pfeiffer | 15.04.2010, 09h28 | Mise à jour : 11h54

Un petit garçon de cinq ans et demi est mort dans l'incendie d'un camp de Roms à Gagny (Seine-Saint-Denis) dans la nuit de mercredi à jeudi, peu arpès minuit. Brûlées à 80%, sa mère, âgée de 23 ans, et sa petite soeur de 2 ans ont été transférées à l'hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). Son père, plus légèrement touché, est quant à lui à l'hôpital de Montfermeil (Seine-Saint-Denis).

Les enfants roms

Photo des enfants du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Le feu s'est déclaré peu après minuit et il aura fallu l'intervention de quatorze engins de pompiers pour en venir à bout. Il aurait pu être causé par un système de chauffage. Les experts du laboratoire central de la police sont sur place. La police judiciaire de Seine-Saint-Denis a été chargée de l'enquête. Le campement ne bénéficiait d'aucun point d'eau.

Quelque soixante personnes vivaient dans ce camp, dont près de la moitié d'enfants. Installés dans d'anciennes carrières, sur des terrains privés, depuis moins d'un an, ils étaient sous le coup d'une expulsion imminente. Après le sinistre, les habitants du camp ont trouvé refuge dans le gymnase de la ville. La DDASS procédait jeudi à midi à leur recensement en vue d'un relogement temporaire, pour une durée de trois jours.

Seine St-Denis: un camp de roms en feu

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Photo du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Dépêche AFP

15/04/2010 Un enfant en bas âge est mort dans l'incendie d'un camp de roms survenu dans la nuit rue Jean Bouin à Gagny (Seine-Saint-Denis), sa soeur et sa mère ayant été grièvement brûlées, a-t-on appris auprès de la Préfecture de police de Paris.

Quatorze engins de pompiers ont été mobilisés pour venir à bout du sinistre dont l'origine reste indéterminée. Le feu a pris vers minuit. Des spécialistes du laboratoire central sont sur place.

Le JT 19/20 de France3 :


Incendie dans le camp rom de la carrière Saint-Pierre

LE PARISIEN - SEINE SAINT-DENIS

Incendie mortel dans un camp rom

Un enfant de 5 ans a péri hier dans l’incendie d’un camp rom, à Gagny. Sa mère et sa petite soeur de 2 ans ont été grièvement brûlées.

MEHDI PFEIFFER | 16.04.2010, 07h00

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Photo des enfants du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Du camp érigé un an plus tôt, il ne reste qu’un amas de tôle, des objets calcinés et une persistante odeur de fumée. Il était un peu plus de minuit, hier, quand un incendie s’est déclaré dans l’une des cabanes du bidonville rom de Gagny. Un enfant de 5 ans est mort par asphyxie, selon l’autopsie réalisée hier.

Sa mère, âgée de 23 ans, et sa petite soeur de 2ans,brûlées à 80 %, notamment aux mains et au visage, ont été transférées à l’hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). D’après le parquet de Bobigny, leur pronostic vital ne serait pas engagé.

Le feu, vraisemblablement dû à une bougie mal éteinte, s’est propagé aux autres cahutes en quelques minutes. Sur place, les habitants ne bénéficiaient d’aucun point d’eau pour éteindre les flammes. Il aura fallu plusieurs heures et 14 véhicules de pompiers pour en venir à bout. Arrivées en 2008 en provenance de Roumanie, les victimes du sinistre s’étaient installées à l’orée du petit bois qui jouxte la rue Jean-Bouin, à Gagny. Après une première expulsion, ils avaient reconstruit leur baraquement de fort une il y a environ un an. Ils devaient en être à nouveau expulsés le mois prochain, selon la préfecture.

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Photo du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Polémique sur la sécurité du bidonville

« On n’a plus rien.Maintenant, qu’est ce qu’on va faire ? » s’interroge un jeune père de famille. Avant que sa bâtisse ne disparaisse sous les flammes, ce dernier a eu le temps de mettre quelques vêtements et une couverture dans un baluchon. D’autres, moins chanceux, n’ont même pas réussi à épargner une paire de chaussures.

La Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) a proposé un hébergement d’urgence aux 56 personnes (35 adultes et 21 enfants) qui composaient le camp. « Une assistante sociale accompagnée d’un traducteur a discuté avec tout le monde. Nous travaillons pour trouver un hôtel pour trois jours aux personnes qui veulent bien de notre aide », explique une responsable.Seulement 14 personnes auraient accepté cette solution : « Nous ne voulons pas être séparés », justifie une sinistrée.

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Pour Abdelkader Touala, conseiller municipal (PS) d’opposition, une telle catastrophe aurait pu être évitée : «En 2008, lors de la première installation, nous avions déjà formulé une demande écrite au maire pour lui demander d’assurer la sécurité du campement. Il n’a jamais répondu à nos sollicitations. » Vanessa, membre de la famille du petit garçon décédé, avait elle aussi alerté la ville : « Je suis venue à la mairie pour demander un point d’eau, des toilettes et pour que les enfants aillent à l’école. On m’a toujours répondu que ce n’était pas possible. »

Michel Teulet, le maire (UMP) de Gagny, affirme ne jamais avoir reçu de de mande officielle de la part des habitants du campement : « Je me suis même rendu sur place pour les rencontrer, mais je n’ai pas trouvé d’interlocuteur francophone. Par ailleurs, le campement est sur un terrain privé qui n’appartient pas à la commune », explique l’élu. Hier soir, la quarantaine de Roms ayant refusé l’hébergement d’urgence était toujours à la recherche d’un endroit où dormir.

vendredi 29 janvier 2010

Janvier 2010 : La présence des roms dans la carrière Saint-Pierre de Gagny

Préambule :

Il existe des sujets très sensibles, comme celui des conditions de vie des roms.

Il ne nous a pas été facile de prendre la décision de faire cet article, car nous ne voulons pas que celui-ci engendre des réflexes xénophobes chez ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas comprendre. Nous ne désirons pas également que le sujet soit souillé par des récupérations politiques particulièrement insensibles à la misère humaine (surtout dans le contexte électoral de ce début d'année).

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Un de nos combats est la préservation de la carrière Saint-Pierre (Gagny) et des coteaux du Beauzet (Chelles). Toute atteinte à la biodiversité de ce site est donc pour nous une réelle souffrance et non une simple posture bien pensante. En effet, nous aimons et nous respectons profondément ces lieux. Nous ne pouvions donc rester sans signaler les dégâts quasi-irréversibles sur l'environnement qu'ils engendrent de part leur présence. Nous avons donc peser chacun de nos mots, chacune de nos phrases, car nous ne pouvions passer sous silence ce drame qui se déroule dans la commune de Gagny. Car même si nos moyens sont limités, le silence, selon nous, aurait été un cautionnement à la non assistance à personnes en danger qui s'exerce sur eux depuis trop longtemps.

Lors de la préparation de cet article, nous avons visité le hameau qu'ils ont refabriqué dans les carrières de Gagny. Nous y avons vu un petit garçon de 3 ou 4 ans jouant seul dans des tas d'immondices, une jeune adolescente trainer des ordures jusqu'à une décharge sauvage derrière leur campement. Par respect et pour fuir le voyeurisme, nous avons sciemment décidé de ne pas voler leurs images. Et c'est avec une émotion non feinte que nous nous rappelons de ces instants troublants. Nous voulions donc également exprimer nos fortes inquiétudes quant aux conditions d'existence de ces gens.

Cet article est donc le constat particulièrement cinglant d'une faillite sociale, sanitaire et non des moindres : environnementale.

Le hameau de fortune :

Lors de leur précédente expulsion du site en 2008, leurs cabanes avaient été détruites. Les débris ayant été laissés sur place par les services municipaux concernés, ils ont donc pu se ré-installer relativement facilement. Le hameau a dont été reconstruit quasiment à l'identique. Nous estimons qu'ils sont entre 15 et 20 personnes à vivre en ce lieu dont au moins 4 à 5 enfants. Les conditions de vie y sont particulièrement effroyables : absence d'eau courante, d'électricité; de sanitaire. Les déchets et les déjections diverses s'accumulent aux abords des maisons de fortune. En guise de chauffage, ils possèdent des poêles à bois improvisés avec des tôles et des tuyaux qui menacent à tout moment de les trahir.

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La décharge sauvage :

C'est juste derrière le hameau que commence la décharge à ciel ouvert qu'ils alimentent. Effectivement, ils se servent dans nos ordures et nos objets encombrants, puis ils les ramènent sur site. Après les avoir trié, ils jettent ce qui ne les intéresse pas. Et c'est ainsi, que jour après jour les ordures s'amoncèlent et se répandent comme une marée rampante que rien ne peut arrêter. Cette décharge à proximité directe de leurs habitations est aussi le terrain de jeu de leurs enfants. Les plus anciens d'entre nous se souviendront d'images terribles d'un autre temps, comme celles des bidonvilles franciliens des années 60s.

La biodégradabilité de ces déchets étant quasi nulle, comment et avec quel effort le site pourra être dépollué un jour ? Cette décharge démarrant aux portes de leur hameau, dans quelles conditions sanitaires vivent ils, eux et leurs enfants ?

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Le déboisement sans fin :

L'hiver est rude, impitoyable. Pour se chauffer et cuisiner, une seule solution : les arbres. Tous les jours, pour leur permettre de survivre, des arbres sont abattus. Nous avons pu en voir des centaines et des centaines, arrachées, démembrées, tronçonnées. Plus les jours passent et plus les arbres tombent, inexorablement, les uns après les autres, pour finir en fumée. Que restera t'il des boisements de la côte Bellevue à la fin de l'hiver, dans 6 mois, dans 1 an ?...

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Cet article est donc bien le constat d'une faillite sociale, sanitaire et non des moindres : environnementale.

mercredi 25 mars 2009

Un campement sauvage dans le petit vallon

Mercredi 25 Mars 2009, Mr Teulet en sa qualité de Maire de Gagny, nous a contacté pour nous prévenir que des personnes avaient établis un campement dans un des sites les plus remarquables de la carrière Saint-Pierre : le Petit Vallon.


Mr Teulet, nous a invité à assister à une intervention de la police dirigée par Mr Müller en sa qualité de directeur du Service Municipal à l'Environnement et au Cadre de vie de Gagny. Nous avons donc cessé toute affaire courante pour nous précipiter à Gagny, incrédules, car nous avions visité le site le samedi précédent et aucun campement n'avait été à signaler.

Pour une ou plusieurs familles, des personnes ont construit un campement en coupant les arbres du site (des ormes, des érables et des acacias). C'est avec une peine immense et la gorge serrée que nous avons constaté le désastre.

Campement Rom dans le petit Vallon

Les campeurs sauvages avaient l'air d'avoir quitté le site à l'arrivée de la police. Malgré seulement une à deux nuits de présence, ils ont réussi à joncher le sol du petit vallon de détritus infâmes. Ils ont abandonné des bâches, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des plaques de polystyrène, des sacs plastiques, des jouets d'occasion, des résidus alimentaires etc. Il y a aussi des traces de feux réalisés avec des arbres de la carrière.

Campement Rom dans le petit Vallon

Ils ont utilisé la pelouse calcaro-marneuse comme un wc à ciel ouvert. Pour essuyer leurs postérieurs, ils ont utilisé des vêtements qu'ils ont abandonné aux côtés de leurs déjections.

Campement Rom dans le petit Vallon

samedi 30 août 2008

Quelques photos de la visite de la carrière Saint-Pierre du 30 Avril 2008

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Mante Religieuse - Espèce Protégée en Île de France.

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Alkékenge, coqueret ou amour en cage (Physalis alkekengi), c'est la première fois que cette plante, rare à l'état sauvage en Île de France, est recensée sur le site, bravo Marie-Thérèse pour le coup d'œil.

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Conocéphale Gracieux - Espèce Protégée en Île de France

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Vue panoramique sur la carrière Saint-Pierre

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Le "lac" fontis...

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