Fort de Vaujours : Le Béryllium !!!

Il a été beaucoup question de l'uranium mais il existe un autre risque pour la santé des riverains et des travailleurs : le Béryllium.

Depuis des années, nous étions à la recherche de preuves de l'usage du Béryllium dans l'enceinte du Fort de Vaujours. Bruno Barrillot, directeur de recherche à l'Observatoire des armes nucléaires françaises, avait déjà affirmé en 2000 que le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) avait testé, sur le Fort, du Béryllium en tant que composant des têtes nucléaires françaises sur (1).

Nous venons de trouver un document technique qui présente des explosions de plaques de 2,5cm d'épaisseur de Béryllium réalisées par des ingénieurs du Centre d'Études de Vaujours (2). Nous avons également mis la main sur un document officiel du CEA qui présente la liste des sites où des expérimentations avec ce métal ont été réalisées et qui spécifie son usage par le Département des Applications Militaires (DAM) sur le Fort de Vaujours (3).

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Schéma d'un tir au Béryllium réalisé au Fort de Vaujours (Source CEA)

Qu'est ce que le Béryllium ?

Le Béryllium (Be) et de ses composés sont considérés comme faisant partie des produits chimiques les plus dangereux que l'on connaisse. Ce métal non radioactif utilisé par l’industrie nucléaire est extrêmement toxique pour l'homme. Toute manipulation du Béryllium comporte un risque d'accident très grave (1).

L'inhalation de poussières et autres fumées véhiculant des particules de ce métal peut, même à très faible dose et après l'arrêt de l'exposition, provoquer des pneumonies chimiques aiguës, suraiguës, voire chroniques (4). Les pneumonies chroniques peuvent aboutir à des cancers des poumons. Cette maladie porte un nom : la Bérylliose pulmonaire.

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Scanner des poumons d'une personne atteinte de la Bérylliose (Source : Collection personnelle de Kenneth D. Rosenman, Michigan State University)

Le Béryllium est classé cancérogène de groupe 1 par le CIRC depuis 1993.

De 1955 à 1997, quelles quantités de Béryllium ont été utilisées par le CEA dans l'enceinte du Fort ?

Dans quelles conditions ont été réalisées ces expériences, à l'air libre et/ou en casemates de tirs ?

Quelles quantités de ce métal peuvent subsister dans les sols et les sous-sols du site via les puits de lavage de salles de tirs ou de potentiels tirs à l'air libre ?

Quelles quantités de poussières de Béryllium ont pu être évacuées dans l'atmosphère par les systèmes de ventilation des salles de tirs ?

Nous avons également trouvé, grâce à nos confrères de Pontfaverger-Moronvilliers, un document de la CFDT en date du 14 Janvier 1980, intitulé "NON AU BERYLLIUM A L'AIR LIBRE" où les représentants du personnel de l'époque s'opposent fermement à la réalisation de tir à l'air libre utilisant du Béryllium par le Centre d’études de Vaujours-Moronvilliers.

Sources en ligne :