CHELLES. Le projet présenté satisfait les associations impliquées

Montguichet : l’avenir du poumon vert se dessine

Grégory Plesse | Publié le 1 mars 2013, 07h00

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La communauté d’agglomération Marne et Chantereine et l’agence régionale des espaces verts (AEV) viennent de présenter aux élus et aux associations leur avant-projet concernant l’aménagement du Montguichet, vaste espace naturel de 160 ha planté au milieu d’une zone urbaine dense, entre Gagny, Montfermeil (Seine-Saint-Denis) et Chelles. En soi, il satisfait largement les associations impliquées dans ce projet, qui estiment avoir été entendues. Mais Antoine Rodriguez (EELV), vice-président en charge de l’environnement à Marne et Chantereine, rappelle que ce projet est « encore loin d’être abouti ». « Il y a de belles idées mais encore faut-il qu’elles soient réalisables », prévient-il. Fin avril, l’agence des espaces verts et la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) doivent présenter un projet plus avancé.

Un poumon vert entre le 77 et le 93. Le Montguichet est classé en zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique, qui se découpe en trois secteurs : une zone boisée au nord, qui fait office de frontière naturelle entre Chelles et Gagny, une zone constituée d’anciennes carrières et de remblais au sud et à l’ouest, située principalement sur la commune de Gagny et enfin une zone agricole au sud et à l’est, d’environ 50 ha et se trouvant à Chelles.

Une zone agricole et maraîchère. Elle se découpe en deux entités. La plus grande (40 ha), qui longe le vieux chemin de Paris, serait consacrée à la polyculture mais aussi à l’élevage et à l’arboriculture. La seconde (8 ha), nichée entre la route de Montfermeil et le chemin du Sempin, constituerait un pôle maraîcher, en tout ou partie dédié à de la production bio en vente directe, appuyée sur une structure de type Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Reste que cet ensemble doit être rentable et, pour cela, il faudra notamment désenclaver certaines parcelles et créer de nouveaux accès, pour l’instant peu adaptés.

Un site ouvert à la promenade. Sans transformer le Montguichet en parc public, de nouveaux cheminements doivent compléter ceux existants et les parcours doivent être redessinés. L’idée est de créer des chemins de randonnée de 2 à 9 km essentiellement en zone boisée et dans celle des carrières mais aussi un parcours pédagogique. La principale difficulté consistera à sécuriser l’accès au public, certains chemins parcourant des terrains sous-minés pouvant s’affaisser.

Gagny veut construire sur une partie du site

G.P. | Publié le 1 mars 2013, 07h00

Les 23 ha du Montguichet situés sur la commune de Gagny (Seine-Saint-Denis) sont pour le moment en dehors de ce projet. Pour une raison simple, Saint-Gobain est toujours propriétaire de la parcelle. L’Agence des espaces verts n’en a pas fait l’acquisition car le maire de Gagny, Michel Teulet (UMP), souhaiterait construire sur une partie du site. « Cela fait huit ans que les 600 élèves du collège Théodore-Monod sont privés de gymnase.

Par ailleurs, dans le cadre du Grand Paris, nous allons devoir construire 2000 à 3000 logements de plus à Gagny dans les prochaines années. Il n’y a que là qu’il y ait encore de la place », assure l’élu. « Je ne suis pas opposé à l’aménagement principalement naturel du site, mais il faut qu’une partie soit rendue constructible », prévient-il. Il espère que la nouvelle mouture du schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif), en cours de révision, lui donnera satisfaction, même s’il confie être « modérément confiant », dénonçant la contradiction entre l’exigence de l’Etat en matière de densification dans le cadre du Grand Paris et le souhait de la région de sanctuariser les zones naturelles.

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