Entrée des galeries de première masse

Gagny - Carrière Saint-Pierre - 20/04/2012 : Entrée des galeries de première masse.

A l'heure où commencent, les réunions de travail avec l'Agence des Espaces Verts d'Ile de France pour une étude de valorisation du Montguichet et de la carrière Saint-Pierre de Gagny, la question de l'ouverture au public de la carrière Saint-Pierre se lève.

Avant d'envisager une ouverture officielle au public, il se pose la question de la sécurisation des galeries souterraines.

En effet, les galeries commencent à se dégrader et l'apparition de nouveaux fontis est fréquente. Un fontis est un effondrement du sol en surface, causé par la déliquescence souterraine progressive des galeries souterraines.

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Galerie de première masse très dégradée.

Dans les années 70, de gros fontis sont apparus au dessus des galeries de première masse. Dont certains de plusieurs dizaines de mètres de diamètre.

Fontis de première masse

Un des gros fontis en eau apparus dans les années 70 au dessus des galeries de première masse.

Maintenant c'est au tour des galeries souterraines de seconde masse de commencer à s’effondrer, inexorablement :

Il existe 2 carrières de seconde masse. Une d'entres elles est inconnue de l'inspection générale des carrières. Recouverte par le remblaiement des années 60-70, cette exploitation oubliée, découverte par forage en 1994, s’effondre et génère de dangereux fontis.

Cette exploitation souterraine oubliée est mentionnée dans le Plan de Prévention des dangers liés aux anciennes carrières :

C'est une exploitation souterraine de 2ème masse dont les limites sont assez mal connues et qui est impossible d'accès. De nombreux fontis sont venus à jour et sont encore à craindre. Seule une partie de la carrière a été cartographiée. Le reste est inconnu mais une campagne de sondages de reconnaissance de 1994 a signalé sa présence.

Nous avons déjà trouvé 4 fontis liés à ces galeries oubliées. Voici la photo d'un d'entre eux apparu cette année, c'est un gouffre de 5 mètres de profondeur au milieu des hautes herbes d'une prairie :

Fontis - Mer de rembais / Prairie aux garennes

Un des fontis des cavages oubliées qui plongent à pic sur 5 à 6 mètres. La localisation de ces fontis des cavages oubliés indiquent une deuxième exploitation de seconde masse de grande ampleur (de 10 à 15 ha). Celle-ci recouverte de dizaines de mètres de remblais est inaccessible.

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Les années passées, ces cavages souterrains inconnus ont menacés la stabilité des pylônes des lignes à haute tension. Il a été nécessaire de consolider les cavages souterrains par injection de coulis de béton au travers de multiples forages réalisés autour des pylônes.

Les plans connus des cavages de la carrière Saint-Pierre :

Plan des galeries de la carrière Saint-Pierre de Gagny

Source : Inspection Générale des carrières.

Les coûts exorbitants de la sécurisation :

La sécurisation des anciens cavages de la carrière Saint-Pierre est particulièrement délicate. Quel en sera le coût ? Si l'on s'inspire d'autres exemples, il faut compter en moyenne 1 million d'€ par hectare. Or, la carrière Saint-Pierre possède une superficie de 47 ha...

Comment les sécuriser sans détruire les biotopes en surface ?

Dans le cas où l'Agence des Espaces Verts d'Ile de France serait en mesure de lever des fonds suffisants, comment sécuriser ces cavages sans saccager la nature en surface ? En effet, pour les cavages accessibles et en bon état de conservation , il est possible de combler les cavages de l'intérieur par bourrage de matériaux inertes et par injection horizontale des vides résiduels (voir schéma ci-dessous). Cette technique a été utilisée par l'armée française pour la sécurisation des cavages existants sous le fort de Noisy-le-sec (93).

Bourrage

Dessin des techniques de bourrage des vides résiduels des anciennes carrière de Gypse par Alain Thellier

Mais si les cavages sont trop dégradés ou inaccessibles, des injections en surface, au travers de forages espacés de 3 mètres, sont nécessaires. Mais ils risquent de saccager durablement les milieux naturels. Cela a été le cas dans la carrière du centre du Gagny où toute faune et flore originelle a disparu. On avait parlé à l'époque de "Désastre écologique".

Les risques d'effondrement par érosion :

De plus, la sécurisation des cavages ne peut prévenir des risques de déliquescence de strates gypseuses par érosion du fait de la dégradation des strates marneuses : des déliquescences qui peuvent elles aussi créer des fontis sans présence de galeries souterraines.

Ainsi, le parc Jean-Pierre Jousseaume ou parc du Sempin sur la commune de Montfermeil est fermé au public par arrêté municipal en raison d'affaissements. Des travaux de confortement et de remblaiement des cavages seraient à l’étude mais le dossier semble trainer en longueur depuis des années.