Parisien_06022012_Montguichet.jpg

C’est une colline de bois et de terres agricoles d’« une richesse exceptionnelle », à cheval sur la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis. Un croissant vert de 160 ha aux portes de Paris que la région, par l’intermédiaire de l’Agence des espaces verts (AEV), aimerait bien s’offrir pour y créer un sanctuaire pour la flore, tout en l’ouvrant au public.

La côte du Montguichet — ou côte du Beauzet — est même pour l’agence la priorité de l’année en termes d’acquisition de nouvelles terres franciliennes à préserver. Les négociations sont en cours avec le groupe Saint-Gobain, propriétaire de cette enclave cernée des quartiers urbanisés de Chelles, Montfermeil et Gagny. « Rien n’est fait, rien n’est signé. Nous négocions », insiste l’AEV.

Il faut dire que c’est un dossier sensible, aux multiples rebondissements. Les associations de protection de l’environnement se battent avec acharnement depuis cinq ans. Un long combat pour convaincre les élus, et surtout le propriétaire, de sauver ces anciennes carrières sur lesquelles Saint-Gobain envisageait d’exploiter le gypse.

Chelles_Montguichet_0402012_Entre-Bois-et-Champs_01.jpg

Le montguichet entre bois et champs.

« C’est un combat de tous les jours avec des actions parfois ingrates comme le nettoyage des dépôts sauvages d’ordures » reconnaît Christophe Nedelec, président de l’association des riverains des Abbesses de Gagny-Chelles, à l’origine du projet. Un travail colossal a été mené pour le défendre auprès de tous. » En 2009, le projet de réserve naturelle avait été approuvé par le conseil municipal de Chelles et le conseil régional. Une convention avec Saint-Gobain devait permettre d’ouvrir le site au public et de l’aménager. Finalement, le propriétaire avait brutalement rompu toute discussion, sans donner d’explication.

Parisien_06022012_Montguichet_02.jpg

Alors l’annonce des négociations en cours avec l’AEV sonne comme une victoire pour les associations qui n’ont jamais baissé les bras. « Il semble que Saint-Gobain ait fait ses comptes et jugé pas assez rentable l’exploitation du gypse, confie un proche du dossier. Et puis la pression des élus et de la région a certainement joué. » « Nous sommes soulagés que le temps du combat et de la contestation s’achève, confie Christophe Nédélec. Il faut maintenant construire un vrai projet sur ce qui est l’un des plus hauts lieux de biodiversité de l’Est parisien. »

L’AEV précise que les négociations portent sur 86 ha. En parallèle, elle a commandé une étude sur l’aménagement du site. « Le travail durera un an pour des résultats attendus en janvier 2013, précise Christian Dubreuil, directeur général de l’Agence des espaces verts. Marne et Chantereine mène aussi une étude. Si le rachat aboutit, nous pourrions donc être prêts dès 2013. Il y a un gros potentiel, et nous avons commencé à acquérir des terres agricoles. »

Car le projet porte bien sûr sur l’entretien, la préservation et l’aménagement de la partie boisée. Mais le but est aussi de convertir les terres cultivées vers l’agriculture bio, avec notamment de la vente directe au public.

Stéphanie Auguy | Publié le 06.02.2012, 07h00