La Promenade de l'aqueduc de la Dhuis est elle menacée par la société Placoplatre ?

Dhuis_Villevaude_15102011_01_Web.jpg

Long de 131 Kms, l'aqueduc de la Dhuis (ou Dhuys) a été construit entre 1863 et 1865 à la demande de Napoléon III (1808-1873) pour acheminer l'eau de la Dhuys. Son point de départ se trouve à Pargny-la-Dhuys (Aisne) et il se termine dans le réservoir de Ménilmontant (Paris XXème).

Aujourd’hui, l’aqueduc de la Dhuis est géré par la SAGEP au niveau des eaux. L’entretien des espaces verts est assuré par l’Agence des Espaces Verts d’Ile de France (AEV). Il est menacé de déclassement d’utilité publique car il n’alimente presque plus Paris en eau potable du fait de la vétusté des conduites. Il fournit majoritairement en eau le parc d’attractions Disneyland, seul le surplus est dirigé vers Paris.

La promenade de l’aqueduc de la Dhuis a été aménagée en 2007-2008 par l’AEV, sur l’espace libre disponible au-dessus de l’aqueduc souterrain de la Dhuis. Le coût de cet aménagement fut de 6 millions d’euros.

Dhuis_LePin_15102011_Web.jpg

Sur 27 Kms, la promenade de l’aqueduc de la Dhuis, située à flanc de coteaux, se caractérise par des paysages agréables et très divers. Cette promenade réalisée sur l’emprise de l'aqueduc relie les villes suivantes : Le Raincy (93), Gagny (93), Monfermeil (93), Clichy-sous-Bois (93), Coubron (93), Courtry (77), Le Pin (77), Claye-Souilly (77), Villevaude (77), Annet-sur-Marne (77), Carnetin (77), Thorigny-sur-Marne (77), Dampmart (77).

Véritable trait d’union entre la ville, la forêt et la campagne, cet itinéraire très prisé des populations relie plusieurs espaces boisés de la région tels que la forêt de Bondy le bois, la forêt régionale des Vallières ou encore la base de loisirs de Jablines-Annet.

Cette promenade est une coulée verte indispensable favorisant le maintien de la biodiversité en permettant le déplacement des espèces. C'est un des éléments clefs de la trame verte de l'Est Francilien.

Cette initiative de l'Agence des Espaces Verts de la région Ile-de-France risque d'être réduite à néant.

En effet, courant 2012, la Mairie de Paris a l’intention de céder, au profit de la Société Placoplatre, des tronçons de l’aqueduc de la Dhuis sur les communes de Le Pin (77), Claye-Souilly (77), Villevaude (77) et Annet-sur-Marne (77). Et cela afin de permettre à Placoplatre d’exploiter les sous-sols gypseux à ciel ouvert.

Au lieu d’envisager sereinement une exploitation souterraine, comme cela a été fait en Seine St Denis (93), notamment sous le bois de Bernouille à Coubron, l’AEV, pour satisfaire intégralement aux souhaits de l’industriel,  tente à l’heure actuelle de trouver un itinéraire de substitution afin d’éviter la colère des usagers.

S’il se réalisait, ce projet sonnerait le glas d’un ouvrage Hausmannien à valeur patrimoniale, mettrait en péril l’intégrité écologique de cette coulée verte et nuirait gravement à cette promenade chère aux habitants de l’Est Francilien et d’ailleurs.

Autoriser la destruction de l'aqueduc sur les communes de Le Pin (77), Claye-Souilly (77), Villevaudé (77) et Annet-sur-Marne (77), c'est ouvrir la porte à de nouvelles exploitations de gypse à ciel ouvert. Alors qu'il est possible d'exploiter en souterrain et que le plâtre issu du gypse peut être recyclé, les industriels du plâtre préfèrent détruire des paysages, s'attaquer à des milieux naturels et nuire au bien être et à la santé des habitants.

Ce secteur de la Seine et Marne a déjà trop souffert de ce type d'exploitations qui n'ont rien de durable, ni d'écologique. Il n'est pas acceptable que l'aqueduc de la Dhuis soit ainsi sacrifié.

Ce projet s’oppose aussi gravement à la convention de partenariat signée en février 2011 entre la Mairie de Paris et le conseil général de Seine et Marne visant à construire une métropole durable et notamment sur le sujet essentiel de la biodiversité.

C'est pourquoi l'association « Les Abbesses de Gagny-Chelles » s'oppose à toute opération qui viendrait dénaturer, altérer ou nuire à la coulée verte que constitue la promenade de l'aqueduc de la Dhuis.

Elle demande également qu'aucune nouvelle exploitation de gypse à ciel ouvert ne soit autorisée sur ce secteur.

Elle demande aux élus de la ville de Paris de s'opposer à la vente de l'aqueduc de la Dhuis à la société Placoplatre.