Suite au drame du camp rom d'hier, nous lui avons rendu visite.

L'accès à la carrière depuis la rue Jean Bouin a été bouché comme lors de la précédente expulsion en 2009.

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A l'arrivée dans le camp, les visions du désastre vues à la télévision la veille se concrétisent.

Nous rencontrons un couple de "touristes" gabiniens, l'homme, la cinquantaine, nous tient un discours particulièrement gratiné : "Il faudrait utiliser l'armée et les renvoyer de force en Roumanie...si l'on ne fait rien, ils vont nous envahir, ils sont des millions...il y a des enfants de bon français qui meurent tous les jours et personnes ne les pleurent...on ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

Nous essayons pour le principe de réveiller son humanité puis nous passons notre chemin.

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Sur le retour, nous découvrons que les roms sont revenus dans la carrière et ont établis des petits campements épars. Sous le bâtiment du site du petit vallon, nous découvrons les restes de la nuit.

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Regardez bien le graffiti de la façade.

A proximité du collège Théodore Monod, nous entendons des discussions houleuses. Les forces de police sont présentes (une quinzaine de policiers et 6 voitures de service). Ils tentent de faire fuir les roms de la carrière où ils essaient de se réinstaller. Nous parlons avec un policier qui nous demande ce que nous faisons là. Il nous raconte son propre désarroi, que tous le monde avait prévenu et qu'il passait les voir une fois par semaine.

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Une réminiscence d'un autre temps se produit. Nous voyons un groupe de roms sous la pression policière retourner en ville. L'un porte le groupe électrogène du camp rescapé des flammes, les autres portent des ballots d'affaires suivi de leurs enfants.

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Oui, en défenseur de la biodiversité, nous regrettons fortement les dommages que leur présence cause dans la carrière Saint-Pierre. Mais l'humanité qui est en nous est en souffrance. Nous reprenons notre voiture et nous leur adressons un signe de la main au passage. Un signe qu'ils nous rendent, hagards du bord de la route.