Chelles

Incertitudes sur le projet de réserve naturelle

Ava Djamshidi | 30.09.2009, 00h00

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MANTES RELIGIEUSES, éperviers et hiboux rares ne se doutent pas de l’intrigue qui se trame dans leur dos. Que va devenir leur espace naturel, situé sur l’ancienne carrière de gypse qui surplombe le quartier des Abbesses, entre Chelles et Gagny (Seine-Saint-Denis), sur la côte du Montguichet ? Il faudra encore patienter un mois avant de savoir si ce site de 90 ha prendra les contours d’une gigantesque réserve naturelle accessible au public, comme le désire la ville de Chelles.

Vendredi, le conseil municipal de la commune a en effet voté à l’unanimité un projet de valorisation de l’environnement porté par l’Anca, une association de Seine-Saint-Denis qui entend protéger le patrimoine exceptionnel des lieux. Objectif de ce programme, circonscrit à la commune de Chelles faute de réponse favorable de sa voisine, Gagny: « Créer un sanctuaire naturel pour permettre à la biodiversité de s’y développer », détaille Christophe Nedelec, un membre de l’association.

Mais c’est une fondation du groupe Saint-Gobain, propriétaire du site, qui décidera du sort de l’ancienne carrière à la fin du mois prochain. « Nous étudions ce projet avec bienveillance. Mais parallèlement, nous devons tenir compte d’autres intérêts divergents », détaille un délégué régional de l’entreprise, résolument discret sur l’origine des opposants au projet.

« Il y a d’autres utilisateurs naturels des lieux, comme des chasseurs ou encore des sportifs, or le projet doit être harmonieux. Les élus des différentes communes concernées vont être consultés avant le conseil d’administration, nous ne souhaitons pas être la source de litiges », confie, prudent, ce cadre du groupe. Quant au développement économique de cette zone, l’entreprise, leader du marché de l’habitat, ne l’a pas omis. « Cela nous motive évidemment beaucoup », poursuit le salarié de Saint-Gobain.

De son côté, Christophe Nédélec redoute que le vent tourne et que le projet ne voie finalement pas le jour à cause de l’opposition, notamment, de certains élus dont personne ne souhaite ouvertement donner les noms. Verdict de la Fondation du groupe à la fin du mois prochain. Mantes religieuses, éperviers et hiboux rares sauront alors si leur carrière sera sanctuarisée.

Le Parisien

Article du Parisien du 30/09/2009