Les Abbesses de Gagny-Chelles

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Carrière Saint Pierre - Gagny

Cette catégorie regroupe tous les articles qui traitent des carrières de l'est ou Saint-Pierre.

Mise au point : Il convient de préciser que nous n'essayons pas d'entrer dans une quelconque polémique avec qui que ce soit en relatant les faits récents qui tournent autour de la carrière Saint Pierre. Cette carrière nous semble être très importante dans l'histoire de notre quartier et elle est pour beaucoup d'entre nous, un lieu d'aventure, de souvenir et d'immersion totale dans une nature sauvage qui a repris ses droits.

Nous savons que le sujet est sensible et nous aimerions éviter les malentendus et autres quiproquos sur la pureté et l'honnêteté intellectuelle de notre démarche.

Mise en garde : Il convient de préciser qu'il peut être dangereux de s'aventurer dans les carrières et cela à cause des risques de fontis et d'effondrements. Il y a également une zone, où l'on peut y rencontrer de temps à autres des chasseurs (qui agissent en toute illégalité). Il font donc éviter d'y aller sans être accompagnés d'une personne experimentée. Si vous désirez quand même vous y aventurer, sachez également qu'elles sont privées, qu'il ne faut donc jamais y aller seul et qu'il est très souhaitable d'y être guidé par un "vrai" connaisseur. Veuillez également respecter la faune et la flore et éviter par dessus tout d'y aller à moto.

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 27 mai 2010

Mai 2010 : Observations d'insectes dans la carrière Saint-Pierre de Gagny - Chelles

Carabe_Chagrine_15052010.jpg

15/05/2010 : Observation d'un Carabe Chagriné (Procruste coriaceus) dans le secteur du "Petit Vallon".

graphomosa_italicum_23052010.jpg

23/05/2010 : Observation d'une Punaise Arlequin (Graphosoma italicum) dans le secteur de la grande pente.

Coreus_marginatus_23052010.jpg

23/05/2010 : Observation d'une Punaise brune (Coreus marginatus) également dans le secteur de la grande pente.

Cetonia_cuprea_23052010.jpg

15/05/2010 : Observation d'une Cétoine cuivrée (Cetonia cuprea) sur une fleur d'églantier (Rosa canina) sur la steppe aride sur remblais sec.

Lisparus_coronatus_07052010.jpg

07/05/2010 : Un charançon (Liparus coronatus) sous un canapé abandonné par les roms sur la pelouse calcaro-marneuse qui surplombe le "Petit Vallon".

larve_dytique_23052010.jpg

22/05/2010 : Larve de Dytique dans la mare/fontis aux tritons.

Nid_Polistes_23052010.jpg

07/05/2010 : Observation d'un nid de Polistes (Guêpes Sociales) sur la steppe aride sur remblais sec.

mercredi 5 mai 2010

Que sont devenus les roms de la carrière Saint-Pierre de Gagny ?

A la suite de l'incendie mortel de leur camp dans la carrière Saint-Pierre et de leur expulsion des lieux par les forces de l'ordre.

Que sont ils devenus ? Et bien ils sont désormais installés dans un nouveau camp sur la commune de Chelles (77500).

Ce camp est situé dans un boisement de la côte du Beauzet au sud de l'ancien chemin de Meaux ou de Paris. Ils stationnent ici à moins de 300 mètres de la commune de Gagny et de sa carrière Saint-Pierre où il survivaient il y a encore quelques semaines.

Ils vivent donc désormais juste à côté des Abbesses de Gagny-Chelles.

Les problèmes liés à leurs conditions de vie précaires se sont donc juste déplacés de commune.

rom_camp_1.jpg

La commune de Chelles semble avoir décidé de leur apporter du soutien.

Ainsi des tentes leur ont été données. Ils ont également une benne à ordures pour leurs déchets quotidiens et de l'eau potable pour la boisson et les besoins élémentaires en terme d'hygiène.

rom_benne_1.jpg

rom_eau_1.jpg

Comme nous l'avons fait sur Gagny, nous irons aimablement à leur rencontre pour les sensibiliser sur l'espace Naturel Sensible que sont les coteaux du Beauzet ou Montguichet qui commence de l'autre côté du chemin qui borde leur camp.

mercredi 28 avril 2010

Les fontis en eau ou le royaume de la couleuvre à collier (Gagny)

Le dimanche 21 Mars 2010, nous avions découvert la présence de tritons palmés dans un fontis en eau de la carrière Saint-Pierre : Les tritons palmés de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

En cette fin du mois d'Avril, nous avons décidé de revenir les voir.

En chemin, nous croisons un nombre important d'Orvets (Anguis Fragilis). Cela serait il un présage ?

orvet_1.jpg

Proche du but, nous passons devant le gros fontis en eau. En contrebas, nous constatons avec joie également la présence de Tritons palmés et peut être de Tritons ponctués.

Gros_Fontis_aux_tritons_2.jpg

Devant la dangerosité de ce fontis et ses fortes pentes abrupts, nous ne pouvons que les observer à distance.

triton_palme_1.jpg

Nous continuons notre chemin vers l'autre fontis, plus accessible où nous avions trouvé les tritons palmés en Mars.

fontis_aux_tritons_1.jpg

La mare est toujours bien remplie malgré 2 semaines de beau temps.

fontis_aux_tritons_3.jpg

Les Tritons palmés sont toujours là, en pleine forme, gavés de larves de moustiques et de daphnies.

triton_palme_2.jpg

Il leur fallait un prédateur. Nous surprenons alors une Couleuvre à Collier (Natrix Natrix). Elle tente de fuir en se cachant sous l'eau. Natrix vient du latin qui signifie nageur.

natrix_natrix_27042010_2.jpg

Patient, nous attendons et celle-ci au bout de longues minutes quitte la mare pour se cacher dans les fourrés.

natrix_natrix_27042010_1.jpg

Cette couleuvre est un serpent non venimeux, inoffensif. C'est un serpent aquatique mais il peut s'éloigner de l'eau. Ils se trouvent parfois jusqu'à 3 km de l'eau. Leurs proies principales sont des amphibiens dont les Tritons, des crapauds, des grenouilles. Elles peuvent également se nourrir de souris et de micro-mammifères. Elles sont diurnes et aiment s'échauffer au soleil comme tous les serpents. Quand elles sont dérangées, elles ont tendance à nager rapidement à la surface de l'eau.

Lors de notre observation, celui que nous appelons le pollueur de la côte Bellevue a fait des siennes, en toute impunité comme d'habitude. Muni d'une pelleteuse, il se met à pousser des déchets en direction du fontis aux tritons. Du surplomb, des blocs se mettent à rouler à notre encontre, nous nous mettons à lui crier d'arrêter. Sourd, il finira par stopper ses activités du jour par lui même.

La Couleuvre à collier est le seul serpent recensé en Seine Saint-Denis.

La Couleuvre à Collier est protégée et classée en annexe III de la convention de Bonn. En France, toute chasse, capture ou commerce est interdite selon l’arrêté du 24 avril 1979.

mardi 27 avril 2010

Avril 2010 - Observations des papillons de jour dans la carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles

paon_de_jour_1.jpg

Paon du jour (Inachis io)

vanesse_des_parietaires.jpg

Vanesse des pariétaires (Nymphalis egea).

Araschnia_levana.jpg

Le carte géographique (Araschnia levana).

pieride_du_chou_male_26042010.jpg

Piéride du chou (Pieris brassicae) mâle.

machaon_1.jpg

Machaon (Papilio machaon).

lundi 26 avril 2010

Avril 2010 - Observations ornithologiques dans la carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles

buse_variable_1.jpg

17/04/2010 : Buse variable (Buteo buteo) au dessus de la steppe aride de la carrière Saint-Pierre.

geai_buse_1.jpg

11/04/2010 : Une Buse variable (Buteo buteo) dérangée en plein repas, ici un malheureux Geai des chênes (Garrulus glandarius) dans les boisements du Beauzet (Chelles).

accenteur_mouchet.jpg

05/04/2010 : Accenteur Mouchet (Prunella modularis) dans la steppe aride de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

fauvette_grisette-25042010_1.jpg

25/04/2010 : Fauvette grisette (Sylvia communis) dans la steppe aride de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

Fauvette des jardins

27/04/2010 : Fauvette des Jardins (Sylvia borin) dans la steppe de la carrière Saint-Pierre.

coucou_gris_26042010_1.jpg

26/04/2010 : Coucou gris (Cuculus canorus) dans la steppe aride de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

coucou_gris_26042010_2.jpg

26/04/2010 : Coucou gris (Cuculus canorus) dans la steppe aride de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

vendredi 16 avril 2010

La visite du camp rom calciné de Gagny

Suite au drame du camp rom d'hier, nous lui avons rendu visite.

L'accès à la carrière depuis la rue Jean Bouin a été bouché comme lors de la précédente expulsion en 2009.

Acces_Jean_bouin.jpg

A l'arrivée dans le camp, les visions du désastre vues à la télévision la veille se concrétisent.

Nous rencontrons un couple de "touristes" gabiniens, l'homme, la cinquantaine, nous tient un discours particulièrement gratiné : "Il faudrait utiliser l'armée et les renvoyer de force en Roumanie...si l'on ne fait rien, ils vont nous envahir, ils sont des millions...il y a des enfants de bon français qui meurent tous les jours et personnes ne les pleurent...on ne peut pas accueillir toute la misère du monde".

Nous essayons pour le principe de réveiller son humanité puis nous passons notre chemin.

camp_carbon_2.jpg

camp_carbon_3.jpg

Sur le retour, nous découvrons que les roms sont revenus dans la carrière et ont établis des petits campements épars. Sous le bâtiment du site du petit vallon, nous découvrons les restes de la nuit.

rom_aux_francais.jpg

Regardez bien le graffiti de la façade.

A proximité du collège Théodore Monod, nous entendons des discussions houleuses. Les forces de police sont présentes (une quinzaine de policiers et 6 voitures de service). Ils tentent de faire fuir les roms de la carrière où ils essaient de se réinstaller. Nous parlons avec un policier qui nous demande ce que nous faisons là. Il nous raconte son propre désarroi, que tous le monde avait prévenu et qu'il passait les voir une fois par semaine.

la_traque_des_roms_2.jpg

Une réminiscence d'un autre temps se produit. Nous voyons un groupe de roms sous la pression policière retourner en ville. L'un porte le groupe électrogène du camp rescapé des flammes, les autres portent des ballots d'affaires suivi de leurs enfants.

la_traque_des_roms_1.jpg

Oui, en défenseur de la biodiversité, nous regrettons fortement les dommages que leur présence cause dans la carrière Saint-Pierre. Mais l'humanité qui est en nous est en souffrance. Nous reprenons notre voiture et nous leur adressons un signe de la main au passage. Un signe qu'ils nous rendent, hagards du bord de la route.

jeudi 15 avril 2010

Dans la nuit, la mort et la désolation sont passées dans le camp rom de la carrière Saint-Pierre de Gagny.

Dans notre article en date du vendredi 29 janvier 2010 : La présence des roms dans la carrière Saint-Pierre de Gagny nous avions pourtant prévenu et le drame est arrivé.

Extrait de notre article du 29 Janvier 2010 : Les conditions de vie y sont particulièrement effroyables : absence d'eau courante, d'électricité; de sanitaire. Les déchets et les déjections diverses s'accumulent aux abords des maisons de fortune. En guise de chauffage, ils possèdent des poêles à bois improvisés avec des tôles et des tuyaux qui menacent à tout moment de les trahir.

LE PARISIEN - SEINE SAINT-DENIS

Gagny : un enfant meurt dans l'incendie d'un camp de Roms

Aurélie Foulon, avec Mehdi Pfeiffer | 15.04.2010, 09h28 | Mise à jour : 11h54

Un petit garçon de cinq ans et demi est mort dans l'incendie d'un camp de Roms à Gagny (Seine-Saint-Denis) dans la nuit de mercredi à jeudi, peu arpès minuit. Brûlées à 80%, sa mère, âgée de 23 ans, et sa petite soeur de 2 ans ont été transférées à l'hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). Son père, plus légèrement touché, est quant à lui à l'hôpital de Montfermeil (Seine-Saint-Denis).

Les enfants roms

Photo des enfants du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Le feu s'est déclaré peu après minuit et il aura fallu l'intervention de quatorze engins de pompiers pour en venir à bout. Il aurait pu être causé par un système de chauffage. Les experts du laboratoire central de la police sont sur place. La police judiciaire de Seine-Saint-Denis a été chargée de l'enquête. Le campement ne bénéficiait d'aucun point d'eau.

Quelque soixante personnes vivaient dans ce camp, dont près de la moitié d'enfants. Installés dans d'anciennes carrières, sur des terrains privés, depuis moins d'un an, ils étaient sous le coup d'une expulsion imminente. Après le sinistre, les habitants du camp ont trouvé refuge dans le gymnase de la ville. La DDASS procédait jeudi à midi à leur recensement en vue d'un relogement temporaire, pour une durée de trois jours.

Seine St-Denis: un camp de roms en feu

rom_village_8.jpg

Photo du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Dépêche AFP

15/04/2010 Un enfant en bas âge est mort dans l'incendie d'un camp de roms survenu dans la nuit rue Jean Bouin à Gagny (Seine-Saint-Denis), sa soeur et sa mère ayant été grièvement brûlées, a-t-on appris auprès de la Préfecture de police de Paris.

Quatorze engins de pompiers ont été mobilisés pour venir à bout du sinistre dont l'origine reste indéterminée. Le feu a pris vers minuit. Des spécialistes du laboratoire central sont sur place.

Le JT 19/20 de France3 :


Incendie dans le camp rom de la carrière Saint-Pierre

LE PARISIEN - SEINE SAINT-DENIS

Incendie mortel dans un camp rom

Un enfant de 5 ans a péri hier dans l’incendie d’un camp rom, à Gagny. Sa mère et sa petite soeur de 2 ans ont été grièvement brûlées.

MEHDI PFEIFFER | 16.04.2010, 07h00

rom_village_6.jpg

Photo des enfants du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Du camp érigé un an plus tôt, il ne reste qu’un amas de tôle, des objets calcinés et une persistante odeur de fumée. Il était un peu plus de minuit, hier, quand un incendie s’est déclaré dans l’une des cabanes du bidonville rom de Gagny. Un enfant de 5 ans est mort par asphyxie, selon l’autopsie réalisée hier.

Sa mère, âgée de 23 ans, et sa petite soeur de 2ans,brûlées à 80 %, notamment aux mains et au visage, ont été transférées à l’hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). D’après le parquet de Bobigny, leur pronostic vital ne serait pas engagé.

Le feu, vraisemblablement dû à une bougie mal éteinte, s’est propagé aux autres cahutes en quelques minutes. Sur place, les habitants ne bénéficiaient d’aucun point d’eau pour éteindre les flammes. Il aura fallu plusieurs heures et 14 véhicules de pompiers pour en venir à bout. Arrivées en 2008 en provenance de Roumanie, les victimes du sinistre s’étaient installées à l’orée du petit bois qui jouxte la rue Jean-Bouin, à Gagny. Après une première expulsion, ils avaient reconstruit leur baraquement de fort une il y a environ un an. Ils devaient en être à nouveau expulsés le mois prochain, selon la préfecture.

rom_village_7.jpg

Photo du camp rom prise par les abbesses de Gagny-Chelles courant février 2010

Polémique sur la sécurité du bidonville

« On n’a plus rien.Maintenant, qu’est ce qu’on va faire ? » s’interroge un jeune père de famille. Avant que sa bâtisse ne disparaisse sous les flammes, ce dernier a eu le temps de mettre quelques vêtements et une couverture dans un baluchon. D’autres, moins chanceux, n’ont même pas réussi à épargner une paire de chaussures.

La Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) a proposé un hébergement d’urgence aux 56 personnes (35 adultes et 21 enfants) qui composaient le camp. « Une assistante sociale accompagnée d’un traducteur a discuté avec tout le monde. Nous travaillons pour trouver un hôtel pour trois jours aux personnes qui veulent bien de notre aide », explique une responsable.Seulement 14 personnes auraient accepté cette solution : « Nous ne voulons pas être séparés », justifie une sinistrée.

rom_village_5.jpg

Pour Abdelkader Touala, conseiller municipal (PS) d’opposition, une telle catastrophe aurait pu être évitée : «En 2008, lors de la première installation, nous avions déjà formulé une demande écrite au maire pour lui demander d’assurer la sécurité du campement. Il n’a jamais répondu à nos sollicitations. » Vanessa, membre de la famille du petit garçon décédé, avait elle aussi alerté la ville : « Je suis venue à la mairie pour demander un point d’eau, des toilettes et pour que les enfants aillent à l’école. On m’a toujours répondu que ce n’était pas possible. »

Michel Teulet, le maire (UMP) de Gagny, affirme ne jamais avoir reçu de de mande officielle de la part des habitants du campement : « Je me suis même rendu sur place pour les rencontrer, mais je n’ai pas trouvé d’interlocuteur francophone. Par ailleurs, le campement est sur un terrain privé qui n’appartient pas à la commune », explique l’élu. Hier soir, la quarantaine de Roms ayant refusé l’hébergement d’urgence était toujours à la recherche d’un endroit où dormir.

dimanche 21 mars 2010

Les tritons palmés de la carrière Saint-Pierre de Gagny

Dimanche 21 Mars 2010, le ciel est gris et la lumière est fade. Le sol est lourd, humide mais cela n'a aucune importance : l'appel de la carrière Saint-Pierre est bien plus fort. Entree_firstmasse_1.jpg

Entrée des galeries de première masse de gypse.

Les pas nous portent vers la zone tourmentée et relativement dangereuse des fontis : le territoire de la couleuvre à collier (Natrix Natrix). Nous recommandons fortement d'éviter ce secteur de la carrière Saint-Pierre. Mais dans notre rôle de sentinelle, il est important que nous y réalisions des recensements de la faune et de la flore.

Nous passons devant l'un des fontis les plus impressionnants : 25 mètres de diamètre, très abrupt, empli d'eau et semblant assez profond. Nous regardons l'eau en contrebas : inaccessible. Il y a des massettes à larges feuilles (Typha latifolia) sur les bords. Il y a de la vie la dedans. Une couleuvre à collier en train de nager, y avait été observée. Une pensée nous passe alors par la tête, il doit y avoir les rois des mares la dedans : les Tritons.

Cela serait une des seules observations à Gagny et une des rares de Seine Saint-Denis. La destruction des zones humides ainsi que l'augmentation du transport routier sont les principales causes de la disparition de ces amphibiens en région parisienne et ailleurs.

Fontis_big_3.jpg

Côte Bellevue : fontis très abrupt de 20 mètres de diamètre.

La présence du triton palmé (Lissotriton helveticus et anciennement Lissotriton helveticus Razoumovsky, 1789) a été mentionnée par l'ANCA au début des années 90. Mais existe t'il encore ? Celui-ci n'a pas été revu depuis !!!

Nous nous rapprochons d'un autre fontis plus accessible et beaucoup moins dangereux.

kriss_fontis

Celui-ci possède une zone humide en son centre où il commence à pousser des saules. Il arrive que celle-ci soit totalement à sec tout au long de l'année et mais ces 2 dernières années, la mare semble un peu plus stable.

Fontis_Mare_5.jpg

De loin, la mare semble plus remplie que d'ordinaire. Il n'y a pas de plante de rive, ni de plante aquatique, sans crustacé (daphnie, gamare etc.). Seulement à première vue un fond de feuille de saule blanc en décomposition, de l'eau saumâtre, des milliers de larves de moustiques et quelques gerris.

Fontis_Mare_4.jpg

Et là, surprise...des Tritons Palmés !!! Le moment est magique et l'exaltation est à son comble. Nous estimons qu'il y en a au moins une vingtaine. Ils sont difficiles à photographier, ne remontant à la surface que brièvement pour respirer.

Nous n'avons pas d'épuisette pour les capturer mais nous réussissons non sans mal à photographier quelques spécimens :

triton_palme_gagny_2.jpg

Le lendemain, au retour du travail, nous retournons sur site munie d'une épuisette. Nous voulons les photographier et de vérifier que nous n'avons pas à faire au Triton Ponctué. Ce dernier a été observé par les frères Lelardoux dans la source du Parc du Château de Montguichet à 400 mètres à vol d'oiseau de ce fontis.

La magie est au encore au rendez-vous. Ce sont bien des Tritons Palmés : aucun doute. La gorge n'est pas tachetée et le bout de la queue des mâles est terminé par un court filament de quelques millimètres.

triton_palme_gagny-g_1.jpg

Gorge des Tritons Palmés.

triton_palme_gagny-g_4.jpg

Le bout de la queue des mâles.

triton_palme_gagny-g_2.jpg

triton_palme_gagny-g_3.jpg

triton_palme_gagny-g_6.jpg

Une dernière photo pour le plaisir.

Le triton palmé a besoin de support pour les œufs et de plancton pour les larves. De petite taille, il peut coloniser des milieux humides assez pauvres (oligotrophes) comme cette présente mare où nous les avons trouvé. Nous allons essayer sans dénaturer cette mare de réaliser 2 actions de gestion :

  1. Ensemencement avec des daphnies et des aselles d'une autre zone humide du secteur.
  2. Optimiser les supports pour les pontes par l'apport de mousse de touffes de graminée terrestre "à feuilles molles".

Les Tritons Palmés sont protégés en France (Arrêté du 22 juillet 1993 fixant la liste des amphibiens et reptiles protégés sur l'ensemble du territoire) et classé "à surveiller" dans le livre rouge des vertébrés.

jeudi 18 mars 2010

Quand les déchets finissent dans la carrière Saint-Pierre de Gagny : Vidéo reportage et nouvelles photos.

Pour illustrer notre article : Quand les déchets finissent dans la carrière Saint-Pierre de Gagny, nous avons réaliser un petit vidéo-reportage et pris de nouvelles photos en date du 08 Mars 2010. Cela n'exprime qu'une petite partie des déchets récents apportés dans la carrière Saint-Pierre, mais cela donne une idée de l'ampleur des pollutions constatées.

Nous espérons toujours que la municipalité de Gagny suite à nos différents courriers mène une enquête et entreprenne le retrait des déchets afin de préserver ce haut lieu de la biodiversité de l'Est Parisien...


Pollution dans la carrière Saint-Pierre de Gagny

Cartographie des apports en déchets récents à proximité du centre d'apport volontaire de la ville de Gagny (cliquez pour agrandir) :

Pollution_carriere_small.jpg

Cliquer sur les images pour agrandir :

dechets_centre_1.jpg dechets_centre_2.jpg dechets_centre_3.jpg dechets_centre_4.jpg dechets_centre_5.jpg dechets_centre_6.jpg dechets_centre_7.jpg dechets_centre_8.jpg dechets_centre_9.jpg dechets_centre_10.jpg dechets_centre_11.jpg dechets_centre_12.jpg dechets_centre_13.jpg dechets_centre_14.jpg dechets_centre_15.jpg dechets_centre_16.jpg

mercredi 17 mars 2010

Quelques clichés des cavages en hiver

Une petite sélection de photos, juste pour la beauté des images.

cavage_1.jpg

cavage_3.jpg

First_Masse_5.jpg

First_Masse_1.jpg

mercredi 10 mars 2010

Derniers jours d'hiver au petit vallon

En ce début du mois de Mars, cela valait bien une petite visite au petit vallon (Rampe d'accès aux galeries de seconde masse). Sa pelouse sèche est toujours menacée par l'ombre portée par le projet de gymnase porté par la municipalité de Gagny.

Little_Vallon_1.jpg

Carline_vulgaire_1.jpg

Un beau cliché de carline vulgaire qui apprécie les sols calcaires ensoleillés. La carline, dont on emploie la racine (de saveur amère) très longue, récoltée à l'automne et séchée à l'étuve ou au soleil, est tonique de la digestion, cholagogue, sudorifique et dépurative.

Little_Vallon_2.jpg

Orchis_Militaire_1.jpg

L'Orchis Militaire, n'est pas (encore ?) sortie de terre. Nous espérons la revoir ou en trouver d'autres cette année. Sa tige séchée trône encore fièrement au sein de la pelouse calcaro-marneuse du petit vallon (Rampe d'accès aux galeries de seconde masse).

lundi 8 mars 2010

Les gisements de gypse en fer de lance

En ces journées encore hivernales, il n'y a rien de tel qu'un peu d'escapade hors des sentiers battus. C'est souvent comme cela que l'on réalise de nouvelles observations. En parcourant les hauteurs des fronts de taille de la seconde masse de gypse, nous avons découvert plusieurs gisements de gypse en fer de lance.

Gisement_Ferdelance_1.jpg

Le gypse est une roche sédimentaire minérale de couleur blanche ou légèrement blonde. C'est un sulfate de calcium avec deux molécules d'eau (formule : CaSO4 2H2O). Le gypse peut cristalliser sous des formes très diverses (Saccharoïde, Pied d'alouette, Fer de lance etc.). Dans le cas présent, nous avons trouvé du Gypse en macle de fer de lance ou Gypse cunéiforme. Il est formé de grandes lames cristallines rappelant la forme d’un fer de lance.

Gisement_Ferdelance_2.jpg

dimanche 7 mars 2010

Orchidées sauvages : Les promesses tenues du retour (Gagny-Chelles)

Profitant du beau temps du Week-End (6 et 7 Mars 2010), la tentation était trop forte de partir à la recherche des premières rosettes d'orchidées sauvages dans la carrière Saint-Pierre et le coteau du Beauzet.

Dans les lisières sur sol calcaires du coteau de Beauzet (Chelles), les rosettes d'Orchis Pourpre commencent à sortir de terre.

Rosette_Orchis_Pourpre_1.jpg

Dans la steppe aride de la carrière Saint-Pierre, la station d'Orchis Bouc se porte comme un charme. Nous avons pu compter 41 rosettes de cette orchidée à l'odeur si caractéristique.

Rosette_Orchis_Bouc_2.jpg

La belle station d'une vingtaine de pieds d'Orchis Pyramidal semble bien passer l'hiver. Les premières rosettes sont également au rendez-vous.

Rosette_Orchis_Militaire_1.jpg

Toutes ces observations sont autant de promesses tenues du retour de ces plantes exceptionnelles. Espérons qu'elles ne disparaissent pas, un jour, sous les amas de déchets que nous dénonçons.

lundi 22 février 2010

Quand les déchets finissent dans la carrière Saint-Pierre de Gagny !!!

***Suite au courrier en retour, du Maire de Gagny, daté du 15 février 2010, cet article initialement paru le 28 Janvier 2010 a été mis à jour.

Courant Janvier 2010, nous avons découvert l'apport de déchets massifs dans la carrière Saint-Pierre de Gagny. Nous pensions ces pratiques d'un autre temps (la carrière Saint-Pierre a connu bien des outrages dans les années 60), mais force de constater que celles-ci perdurent et s'intensifient ces derniers temps.

Nous avons donc découvert des points de déversement multiples dans la carrière de l'Est, manifestement réalisés avec des engins motorisés. Ces déchargements sont réalisés sur des terrains privés. Nous doutons très fortement que les propriétaires puissent avoir autorisé de tels agissements.

Fait particulièrement troublant, les apports récents sont cerclés de traces de tracteurs menant toutes à une voie d'accès dérobée du centre d'apport volontaire de la ville. Cet accès donne directement dans la carrière Saint-Pierre.

Les plus fortes concentrations d'apports récents sont situées aux abords directs de cette issue (en dehors des propriétés communales). Il est donc possible d'y trouver des structures métalliques en provenance des décorations de la ville, des carcasses de voitures, des arbres tronçonnés, des amas de gravats et de tout venant "frais". On retrouve ces mêmes types de déchets dans la continuité de tous les chemins qui partent de cet accès.

Ces déchets sont des mêmes types que ceux collectés par le centre d'apport volontaire.

Il convient de préciser qu'il est particulièrement difficile d'accéder à la carrière par la voirie Gabinienne et Chelloise. En effet, les anciens accès sont bouchés par de profonds fossés et des remparts de remblais.

Au regard de l'importance des déchets et des méthodes de déchargement utilisés, il nous est particulièrement difficile d'imaginer qu'ils ont été amené sans engin motorisé ou à dos d'homme. Précision importante, les accès Gabiniens à la carrière sont surveillés à l'aide d'une caméra particulièrement bien placée.

La RTE, pour entretenir la végétation sous les lignes à Haute Tension, utilise l'accès du centre d'apport volontaire pour entrer dans la carrière car elle estime cela trop difficile depuis la voirie.

Voici un exemple de tarifs de recyclage des déchets en région Ile de France (Prix au M3) :

  • Inertes\Gravats : 80,00 €
  • Ferrailles : 5,00 €
  • Déchets verts : 10,00 €
  • Souches et troncs : 15,00 €
  • Tout venant : 40,00 €
  • Cartons : 1,50 €
  • Bois : 7,00 €

Avec les dépôts récents et ceux que nous estimons de moins 10 ans, il pourrait s'agir de milliers de m3 de déchets divers.

Une question s'élève : Quelles sont les origines de ces déchets ?

gagny_decharge_1.jpg

Ici une centaine de m3 de gravats : impossible à transporter sans engin.

gagny_decharge_4.jpg

Au premier plan, voyez les imposants amas de déchets qui bordent le centre d'apport volontaire.

gagny_decharge_7.jpg

Des dizaines d'amas de tout venant.

remblais_carriere_2.jpg

Des gravats encore et toujours.

gagny_decharge_15.jpg

Encore et toujours...

gagny_decharge_11.jpg

Des restes issus des travaux de réfection de la voirie municipale.

gagny_decharge_9.jpg

Des tas de déchets verts mêlés à du tout venant.

gagny_decharge_6.jpg

Des restes d'arbres abattus mélangés aux ordures ménagères et à des débris en tout genre

gagny_decharge_5.jpg

Des amas de déchets carbonisés

gagny_decharge_12.jpg

Des restes des décorations de la ville de Gagny

gagny_decharge_3.jpg

Traces de tracteurs dans la carrière.

gagny_desastre_dechetterie2.jpg

Les déchets situés en face de l'entrée du centre d'apport volontaire.

gagny_decharge_10.jpg

L'accès direct du centre d'apport volontaire à la carrière Saint-Pierre

Nous demandons au Maire de Gagny que l'intégralité des déchets déversés soit retirée du site. Nous lui demandons également de procéder à une enquête pour identifier les responsables et prendre les mesures qui s'imposent.

Les Amis Naturalistes des Coteaux d'Avron, Gagny Environnement et Les Abbesses de Gagny-Chelles ont co-signé, en date du Lundi 1 Février 2010, un courrier demandant au maire de Gagny de faire cesser ces agissements et d'entreprendre le retrait des déchets.

En date du 22 février 2010, nous avons réceptionné un courrier en retour rédigé par le Maire de Gagny. Nous avons donc mis à jour cet article, au regard des éléments tangibles qu'il a su porter à notre connaissance.

mardi 9 février 2010

L'intervention de la RTE sous les lignes HT de la carrière Saint-Pierre.

Le Lundi 8 février, un employé municipal nous a signalé que des "actions de nettoyage" avaient été entreprises dans la carrière de Gagny.

C'est ainsi qu'en date du Mardi 9 février 2010, malgré la neige, nous avons organisé une visite d'inspection afin de contrôler la nature et l'étendu des opérations réalisées.

Nous avons pu identifier que la RTE (Réseau de Transport en Électricité) était intervenu sous les lignes à haute tension.

gagny_desastre_pan3.jpg

Cette dernière consistait en une opération de gyrobroyage de la végétation sous les lignes électriques. Cette intervention a été effectuée dans le cadre de l'arrêté Interministériel du 17 mai 2001 prescrivant les distances minimales à faire respecter entre la végétation et les lignes électriques, pour garantir la sûreté du système électrique.

Ces opérations réalisées en hiver sur des sols froids sont, dans le principe, bénéfiques à l'entretien des prairies et autres pelouses riches en biodiversité. Elles préviennent de la fermeture des milieux en évitant l'apparition de phases arbustives.

La RTE a notamment signé la charte régionale de la biodiversité et des milieux naturels.

Nous avons constaté qu'une des pelouses calcaires du site a souffert de leur intervention. En effet, à cause des fortes pluies, les sols calcaro-marneux d'une des parcelles traitées étaient gorgés d'eau.

Par voie de conséquence, les engins de gyrobroyage, croyant bien faire, semblent par endroit s'être assez profondément enfoncé dans le sol et avoir "labouré" une partie du site en créant des ornières et par endroit des marasmes de boue.

gagny_desastre_pan5.jpg

Ornières générées par les engins à cause des sols marneux imbibés d'eau.

gagny_desastre_sol1.jpg

Traces des engins dans la boue, dont certaines sur des relevés connus de stations de plantes rares.

Nous espérons que cette parcelle n'a pas trop souffert par le déplacement des engins. Nous réaliserons des relevés au printemps pour identifier les effets de cette opération.

Nous tenions à remercier la RTE, pour avoir promptement répondu à nos interrogations. Nous avons convenu avec Gagny Environnement et les Amis Naturalistes des Coteaux d'Avron de les rencontrer sur site afin de discuter des modalités et de la planification des prochaines opérations.

Voici pourquoi, nous nous intéressons à cette parcelle de la carrière Saint-Pierre de Gagny :

  • C'est au sein de cette pelouse que poussent les seules stations de Seine Saint-Denis d'Epiaire droite (Stachys recta L.) et d'Amour en cage (Physalis alkekengi).
  • C'est également une zone de nidification des Mantes religieuses (Mantis religiosa) : espèce protégée en région Ile de France.
  • Elle héberge une des 3 stations connues en Seine Saint-Denis de Rhinanthe à crête de coq (Rhinantus alectolophus) ainsi que des Orchidées sauvages comme l'Ophrys Abeille ou l'Orchis Pyramidal.
  • On y a observé des insectes rares et/ou protégés comme le Carabe Chagriné (Carabus coriaceus) ou encore le Conocéphale Gracieux (Ruspolia nitidula nitidula).

C'est une pelouse calcaro-marneuse définit comme un des habitats prioritaires au niveau Européen avec son cortège de plantes rares et endémiques à ce type de milieu. Elle est située dans la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique Floristique et Faunistique Saint-Pierre et côte du Beauzet.

Voici une série de photos prises sur cette pelouse courant 2009 :

mante_002.jpg

26/02/2009 : Mante religieuse (Mantis religiosa) - Espèce protégée en Région Ile de France.

Epiaire dressée, (Stachys recta L.)

Juillet 2009 : Epiaire dressée, (Stachys recta L.) : Plante rare, c'était la seule station connue de Seine Saint-Denis.

alkekenge_-ou-amour-en-cage.jpg

30/08/2009 : Amour en cage, (Physalis alkekengi) : Plante rare à l'état sauvage, c'était la seule station connue de Seine Saint-Denis.

Orchis pyramidal

Juin 2009 : Orchidée pyramidale (Anacamptis pyramidalis)

Conocephale_gracieux_1.jpg

30/08/2009 : Conocéphale Gracieux (Ruspolia nitidula nitidula) - Espèce protégée en Région Ile de France.

29_01-2009 : La pelouse calcaro-marneuse menacée par la construction du Gymnase Théodore Monod

Photo prise, le 29 Janvier 2009.

Note : Cette parcelle est également menacée par un projet de création d'un Gymnase par la commune de Gagny.

dimanche 7 février 2010

La carrière Saint-Pierre est elle devenue le farwest ?

Dans la carrière Saint-Pierre de Gagny, au mois de Janvier 2010, nous avons croisé un cavalier solitaire. Ce "Lonesome cowboy" parcourant la steppe aride du plateau fut une vision furtive issue des westerns de notre enfance. Nous l'avons observé élancer son cheval au galop pour repartir vers les champs Chellois du Beauzet.

carriere_cowboy.jpg

vendredi 29 janvier 2010

Janvier 2010 : La présence des roms dans la carrière Saint-Pierre de Gagny

Préambule :

Il existe des sujets très sensibles, comme celui des conditions de vie des roms.

Il ne nous a pas été facile de prendre la décision de faire cet article, car nous ne voulons pas que celui-ci engendre des réflexes xénophobes chez ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas comprendre. Nous ne désirons pas également que le sujet soit souillé par des récupérations politiques particulièrement insensibles à la misère humaine (surtout dans le contexte électoral de ce début d'année).

rom_village_4.jpg

Un de nos combats est la préservation de la carrière Saint-Pierre (Gagny) et des coteaux du Beauzet (Chelles). Toute atteinte à la biodiversité de ce site est donc pour nous une réelle souffrance et non une simple posture bien pensante. En effet, nous aimons et nous respectons profondément ces lieux. Nous ne pouvions donc rester sans signaler les dégâts quasi-irréversibles sur l'environnement qu'ils engendrent de part leur présence. Nous avons donc peser chacun de nos mots, chacune de nos phrases, car nous ne pouvions passer sous silence ce drame qui se déroule dans la commune de Gagny. Car même si nos moyens sont limités, le silence, selon nous, aurait été un cautionnement à la non assistance à personnes en danger qui s'exerce sur eux depuis trop longtemps.

Lors de la préparation de cet article, nous avons visité le hameau qu'ils ont refabriqué dans les carrières de Gagny. Nous y avons vu un petit garçon de 3 ou 4 ans jouant seul dans des tas d'immondices, une jeune adolescente trainer des ordures jusqu'à une décharge sauvage derrière leur campement. Par respect et pour fuir le voyeurisme, nous avons sciemment décidé de ne pas voler leurs images. Et c'est avec une émotion non feinte que nous nous rappelons de ces instants troublants. Nous voulions donc également exprimer nos fortes inquiétudes quant aux conditions d'existence de ces gens.

Cet article est donc le constat particulièrement cinglant d'une faillite sociale, sanitaire et non des moindres : environnementale.

Le hameau de fortune :

Lors de leur précédente expulsion du site en 2008, leurs cabanes avaient été détruites. Les débris ayant été laissés sur place par les services municipaux concernés, ils ont donc pu se ré-installer relativement facilement. Le hameau a dont été reconstruit quasiment à l'identique. Nous estimons qu'ils sont entre 15 et 20 personnes à vivre en ce lieu dont au moins 4 à 5 enfants. Les conditions de vie y sont particulièrement effroyables : absence d'eau courante, d'électricité; de sanitaire. Les déchets et les déjections diverses s'accumulent aux abords des maisons de fortune. En guise de chauffage, ils possèdent des poêles à bois improvisés avec des tôles et des tuyaux qui menacent à tout moment de les trahir.

rom_village_2.jpg

rom_village_1.jpg

rom_village_3.jpg

La décharge sauvage :

C'est juste derrière le hameau que commence la décharge à ciel ouvert qu'ils alimentent. Effectivement, ils se servent dans nos ordures et nos objets encombrants, puis ils les ramènent sur site. Après les avoir trié, ils jettent ce qui ne les intéresse pas. Et c'est ainsi, que jour après jour les ordures s'amoncèlent et se répandent comme une marée rampante que rien ne peut arrêter. Cette décharge à proximité directe de leurs habitations est aussi le terrain de jeu de leurs enfants. Les plus anciens d'entre nous se souviendront d'images terribles d'un autre temps, comme celles des bidonvilles franciliens des années 60s.

La biodégradabilité de ces déchets étant quasi nulle, comment et avec quel effort le site pourra être dépollué un jour ? Cette décharge démarrant aux portes de leur hameau, dans quelles conditions sanitaires vivent ils, eux et leurs enfants ?

rom_decharge_1.jpg

rom_decharge_2.jpg

Le déboisement sans fin :

L'hiver est rude, impitoyable. Pour se chauffer et cuisiner, une seule solution : les arbres. Tous les jours, pour leur permettre de survivre, des arbres sont abattus. Nous avons pu en voir des centaines et des centaines, arrachées, démembrées, tronçonnées. Plus les jours passent et plus les arbres tombent, inexorablement, les uns après les autres, pour finir en fumée. Que restera t'il des boisements de la côte Bellevue à la fin de l'hiver, dans 6 mois, dans 1 an ?...

gagny_arbres_1.jpg

gagny_arbres_4.jpg

gagny_arbres_5.jpg

Cet article est donc bien le constat d'une faillite sociale, sanitaire et non des moindres : environnementale.

mardi 26 janvier 2010

Janvier 2010 : quelques observations ornithologiques dans la carrière Saint-Pierre.

Pic noir (Dryocopus martius) :

pic_noir_vol.jpg

Photo : Olivier Laporte (17/01/2010) - http://obsenfrancilie.over-blog.com

Le pic noir est le plus grand des pics (46 cm). Il est aisément reconnaissable par sa couleur entièrement noire, avec une calotte rouge vif s'étendant du front jusqu'à l'arrière de la nuque. C'est un oiseau forestier au tambourinage très sonore, des forêts de hêtres et de conifères qui se repaît d'insectes xylophages. Le pic noir adopte des mœurs diurnes. C'est un sédentaire. Le pic noir est un grimpeur averti, s'agrippant à l'écorce des arbres à l'aide de ses ongles pointus. Constamment en mouvement, il peut passer sans relâche d'un arbre à l'autre en criant.

Nous l'entendions tambouriner bruyamment sur le site depuis quelques temps sans pouvoir le prendre en photo, ni l'identifier. Olivier Laporte a réussi le 17 Janvier 2010 a le prendre en photo en vol non loin du collège Théodore Monod. C'est une nouvelle observation sur le site

Source : www.oiseaux.net

Buse variable (Buteo buteo) :

buse_1.jpg

Photo : C.Nédélec (25/01/2010)

Cette buse variable a été observée le 25 Janvier 2010 au dessus de la steppe aride dans la carrière Saint-Pierre de Gagny. La buse variable est le rapace le plus répandu en Europe. Diurne, elle est très active, souvent en vol. Elle a la vue la plus perçante de tous les oiseaux de proie. Elle plane sur les champs et les forêts, elle passe aussi de longs moments posée en hauteur. Elle s'alimente de petits mammifères qu'elle chasse au sol, mais aussi d'oiseaux, reptiles, batraciens et insectes. La majeure partie des proies sont capturées après avoir été localisées à vue, en volant en cercles à basse altitude, mais aussi à des distances d'une centaine de mètres.

Source : www.oiseaux.net

mardi 29 décembre 2009

La carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles sous la neige

Voici des photos prises par Alain Thellier lors de la visite de la carrière Saint-Pierre et des coteaux du Beauzet organisée par l'ANCA en date du 19 Décembre 2009.

Entrée des cavages de première masse de la carrière Saint-Pierre :

29-12-2009 : L'entrée de la première masse sous la neige

Traces de renards roux sur la neige :

29-12-2009 : Traces de renard sur la neige

vendredi 13 novembre 2009

Les gens qui considèrent la carrière Saint-Pierre comme une décharge à ciel ouvert (Gagny)

En visitant la carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles en octobre, nous avons découvert de nombreux amoncellements récents de déchets en tout genre.

decharge_sauvage.jpg

D'où ces amas infâmes peuvent ils venir ?

En effet, mise à part les engins motorisés de la déchetterie municipale de la ville de Gagny qui ont un accès libre à la carrière, il est particulièrement difficile à des véhicules lourds en provenance de la voirie publique d'accéder au cœur de la carrière.

Ces amoncellements comme le montre les photos ne viennent pas de restes d'un ancien campement quelconque. Ce sont des dépôts sauvages de remblais qui dénaturent les sols et menacent les biotopes.

decharge_sauvage2.jpg

Mais d'où viennent ils, surtout qu'ils ont été déposé juste au bord d'un chemin, inaccessible par la route aux particuliers, qui mène directement à la déchetterie municipale de la ville de Gagny située à seulement 200 mètres de là ?

Mais qui peut donc considérer la Zone Naturelle d'Intérêt Floristique et Faunistique de la carrière Saint-Pierre et de la côte du Beauzet comme une décharge à ciel ouvert au point d'utiliser des engins motorisés pour y déposer massivement des déchets ?

L'application de la loi du rasoir d'Ockham est elle en mesure de fournir des éléments de réponse ?

lundi 9 novembre 2009

Le rucher des carrières de Gagny

Surprise, vous ne le saviez peut être pas, mais il y existe bel et bien un rucher à Gagny.

En effet, sur la côte Bellevue ou Montguichet, un particulier dont le jardin jouxte la carrière Saint-Pierre a installé 6 ruches sur son terrain.

Ruches-de-Gagny.jpg

Nous souhaitons donc une longue vie à ce rucher qui favorise la préservation des abeilles et la pollinisation de la flore exceptionnelle des carrières.

jeudi 29 octobre 2009

Les crustacès de la source du Ru Saint-Roch (Gagny)

Le 20 octobre 2009, nous sommes allés rendre visite à la source du Ru Saint-Roch derrière le quartier des abbesses, aux portes des carrières.

saint-roch-source.jpg

En fouillant ses abords, nous avons découvert que la source était habitée par des crustacés d'eau douce.

Ainsi, il est possible d'y trouver des gammares comme dans la source oubliée de montguichet. Le gammare est connu sous le nom de "Crevette d'eau douce".

La présence des gammares en milieu aquatique est un bioindicateur de premier plan en terme de qualité de l’eau. Ainsi l'eau de la source est d'une grande qualité, quel dommage que son trop plein finisse dans la canalisation du disparu Canal du Chesnay.

saint-roch-gamare2.jpg

Pour se déplacer, Il nage sur le côté. Le gammare se nourrit de déchets végétaux et de phytoplancton. Ils sont du genre des crustacés, de l'ordre des amphipodes et vivent dans les eaux douces et propres. Ils pullulaient jusque dans les années 1960 dans la plupart des ruisseaux et petites rivières d'Europe, mais sont en forte régression sur une grande partie de leur aire naturelle de répartition.

saint-roch-gamare.jpg

Il est à noter la présence d'Aselles (Asellus aquaticus). Ce crustacé vit dans les eaux douces et à faible courant, dépourvues de pesticides et légèrement encombré de matières nutritives en surabondance (feuilles mortes et autres débris végétaux en particulier). C'est exactement le cas de la source du ru Saint-Roch. Les aselles jouent donc un rôle important de fossoyeur et de «nettoyeur» des débris végétaux.

aselle.jpg

La pollution des cours d'eau par les pesticides et autres produits phytosanitaires ou biocides est une cause de régression des Gammares et des Aselles. Fréquemment, nous retirons de la source des objets divers jetés par des promeneurs "indélicats" (Bouteilles, sacs plastiques et autres déchets divers).

Cette source est une des rares restées à ciel ouvert de Seine Saint-Denis. Elle mériterait un plan préservation soigné. Quand les finances de l'association le permettra nous ferons analyser l'eau de la source pour savoir si celle-ci est potable.

Pour en savoir plus :

lundi 26 octobre 2009

Les lézards des murailles de la carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles

Lors d'une visite de la carrière Saint-Pierre le 20 octobre 2009, nous avons pu capturer un lézard des murailles (Podarcis muralis).

Au détour d'un sentier, nous sommes tombés sur une motte de terre meuble. L'un d'entre nous en y donnant un léger coup de pied à réveiller un jeune lézard des murailles au commencement de son hibernation.

lezard_murailles_04.jpg

Avant qu'il ne reprenne pleinement ses esprits, nous avons donc pu le capturer pour le photographier. La chaleur de nos mains l'a rapidement sorti de sa relative torpeur et nous l'avons relâché délicatement au bout de quelques minutes.

lezard_murailles_01.jpg

Le lézard des murailles habite les vieux murs, les tas de pierres, les rochers. Il trouve refuge dans les anciennes carrières de gypse et les friches bien exposées au soleil. Il se nourrit d'insectes (mouches, chenilles et papillons, orthoptères), d'araignées, de vers de terre, de criquets, de grillons, de teignes et de pucerons.

lezard_murailles_03.jpg

Il est protégé au niveau national et classé en annexe II de la convention de Bonn. En milieu urbain, son plus grand prédateur est le chat domestique. Il est aussi très vulnérable aux traitements phytosanitaires.

lezard_murailles_02.jpg

C'est un lézard diurne, il aime se réchauffer au soleil, il peut donc être donc être observé par jours ensoleillés sur des murs, des fronts de taille et autres parois pierreuses bien exposées des carrières de gypse de Gagny-Chelles.

Source : Wikipedia, Atlas des Batraciens et des Reptiles de Seine-Saint-Denis.

samedi 10 octobre 2009

Carrière Saint-Pierre de Gagny - Chelles : Les poires sont mûres

Les poiriers "sauvages" de la carrière Saint-Pierre et des coteaux du Beauzet, nous offrent des poires succulentes, légèrement acidulées. Nous en avons donc déguster quelques unes sur place avant de remplir nos besaces. Quelques kilos ont donc été ramenés pour des dégustations ultérieures et l'élaboration de confitures.

poire_1.jpg

poire_2.jpg

La structure ferme de ces poires nous a donc permis de cuisiner de la confiture où les morceaux ont pu rester entiers.

poire_3.jpg

lundi 28 septembre 2009

Carrière Saint-Pierre de Gagny - Chelles : Quelques observations naturalistes en date du 26/09/2009.

Le dernier Week-end du mois de Septembre s'annonce chaud avec 22 à 24°. Un bel été indien, rien de tel pour motiver une balade de la carrière Saint-Pierre de Gagny-Chelles.

En effet, ce site contient une vaste steppe aride de 25 hectares particulièrement propice aux insectes thermophiles comme les Orthoptères. En cette fin de l'été indien, ces dernier sont donc au sommet de leur maturité.

Il y a des jours magiques où tous les éléments sont réunis pour des photos extraordinaires. A proximité du petit vallon sur la pelouse calcaro-marneuse faisant face au collège Théodore Monod (vous savez parcelle, que la mairie de Gagny veut détruire pour y édifier un gymnase), je croise en plein vol une mante religieuse mâle (Mantis religiosa). Elle se pose à quelques mètres de moi sur la branche d'une aubépine.

Les mantes religieuses sont protégées en région Ile de France (Protection régionale - arrêté du 22 juillet 1993 ; espèce déterminante ZNIEFF ; statut régional : vulnérable)

Ce beau spécimen de 6 cm de long se décide alors à se laisser paisiblement photographier :

mante_002.jpg

mante_002.jpg

mante_003.jpg

Plus loin sur la pelouse calcaire de la petite colline, je tombe nez à nez sur une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) sur un cornouiller sanguin. Elles aussi complaisante se fera photographier gentiment. La grande sauterelle verte est également appelée "sabre" ou encore "sauterelle à sabre", eu égard à l'importance et la forme de la tarière des femelles.

C'est la plus grande sauterelle du nord de la France, il s’agit d’une espèce commune et peu exigeante sur son habitat, si ce n’est la présence d’un minimum de buissons et d’arbres. Elles tendent à se raréfier, voire à disparaître, partout où l'homme cultive, aménage, et entretient.

Ce spécimen est donc une femelle d'environ 4 cm avec un oviscapte long, lisse et faiblement courbé :

grande_sauterelle_verte_01.jpg

grande_sauterelle_verte_02.jpg

Il y a des criquets à foison dans les herbes sèches, n'étant un pas grand connaisseur de leurs chants, je peine à les identifier malgré le livre "Insectes de France et d'Europe occidentale" de Michael Chinery en poche.

criquet_des_patures.jpg

Il y a des soucis (Colias croceus ou Colias crocea) qui virevoltent autour de moi. Ils sont très craintifs, j'essaie en vain de les photographier pendant 2 heures. Quand enfin j'en vois un qui se pose au sol. Je m'allonge, je rampe et j'arrive finalement à prendre quelques prises de vues convenables :

souci.jpg

- page 2 de 4 -